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[Solo]Oh, I'll tell you all about it when I see you again ! Empty [Solo]Oh, I'll tell you all about it when I see you again !

Jeu 28 Mar 2024 - 14:25
Le souvenir de ce jour reste gravé en moi comme une scène de théâtre, une pièce dont les acteurs, ma mère et moi, évoluent dans une danse émotionnelle sous les projecteurs de la vie quotidienne. C'était un après-midi ensoleillé, où les rayons se glissaient à travers les rideaux de notre humble demeure, comme des doigts curieux cherchant à caresser les souvenirs qui peuplaient chaque recoin de notre foyer.

Assises à la table de la cuisine, ma mère et moi étions deux protagonistes sur le point de jouer nos rôles dans cette tragédie annoncée. Ses mains, douces et réconfortantes, ont pris les miennes – mon cœur serré, amorçant avec une délicatesse infinie l'exposition de son projet, comme si chaque mot était une perle fragile à manier avec précaution.

« Chérie, je sais que cette nouvelle peut être difficile à accepter, mais j'ai pris la décision de déménager à Akita pour saisir une opportunité professionnelle », a-t-elle commencé, son regard oscillant entre tristesse et détermination, comme les vagues d'un océan hésitant entre calme et tempête.

Je me suis figée, pétrifiée par l'ampleur de mes émotions. Akita, ce nom résonnait en moi tel un écho lointain, porteur à la fois de promesses et de séparations. C'était un monde à découvrir, mais aussi un monde qui m'éloignerait de ma mère, de notre cocon douillet où chaque instant était empreint d'une légère complicité. Un monde qui m'a déjà volée mon frère.

Elle a tenté de me rassurer, de me convaincre que ce n'était qu'un au revoir, que nos retrouvailles seraient rapides et joyeuses. Mais malgré ses paroles réconfortantes, une angoisse sourde s'est emparée de moi, telle une ombre insidieuse obscurcissant mon cœur.

Les semaines qui ont suivi se sont déroulées comme dans un rêve brumeux, où j'avais la sensation d'être anesthésiée, entre les cartons à emballer, les adieux à prononcer et les décisions à prendre. Chaque jour, je voyais ma mère – l'appréhension au ventre - s'atteler à la tâche avec une détermination sans faille, comme une héroïne sur le point de partir à l'aventure, laissant derrière elle une partie de son cœur en prenant un bout du mien.

Le jour fatidique du départ est arrivé, trop vite à mon goût, et dans la pénombre de notre salon, j'ai contemplé ma mère emballer les derniers vestiges de notre vie ici. Le parfum familier de notre foyer flottait dans l'air, mêlant nostalgie et urgence, comme un dernier soupir avant le départ vers l'inconnu.

Chaque pièce de cette maison vide me rappelle un souvenir, un instant de complicité partagé avec elle. Les odeurs familières de la cuisine commandée, les éclats de rire dans le salon... Tout cela semble s'évaporer, se fondre dans l'air ambiant, laissant derrière lui un vide palpable, un trou béant dans mon cœur.

Nous nous sommes retrouvées seules, dans ce silence chargé d'émotions, chacune perdue dans ses pensées. Puis, elle m'a regardée, ses yeux empreints de cette même détermination qui l'animait depuis le début de cette aventure. «Es-tu sûre de vouloir rester à Kobe ? » m'a-t-elle demandé, comme une dernière tentative de me convaincre de la suivre.

J'ai secoué la tête, un sourire fragile aux lèvres mais le cœur lourd « Oui, Maman, toute ma vie est ici. Je me débrouillerais, ne t'inquiète pas », ai-je murmuré, mes mots aussi légers que des pétales emportés par le vent, mais chargés de cette certitude qui me guidait.

« Nissa », je lève finalement les yeux vers elle, le ton ayant changé, cherchant du réconfort dans son regard froid. «Tu gaspilles ton temps et ton énergie dans une voie incertaine. Il est temps de revoir tes priorités et de te concentrer sur ton avenir... »

Je dois me mettre en face de la vérité... je n'ai pris cette matière que par pure caprice et je suis incapable de la gérer. Elle prend ma main, sa prise ferme « Sans ça, sans de bonnes notes, tu viendras étudier à Akita sous ma surveillance », dit-elle d'un ton sérieux.

Je me suis dérobée à son emprise, mes propres convictions brûlant dans mes veines.

« Je ne quitterai pas Kobe Daigaku, quoi qu'il arrive. Je réussirai ici », ai-je répliqué avec fermeté.

Dans le silence qui a suivi, nos émotions ont jailli comme des vagues déchaînées, chacune campant sur ses positions avec une obstination farouche. Mais au milieu de ce tumulte émotionnel, un compromis silencieux s'est frayé un chemin, ouvrant la voie à une compréhension mutuelle et à une résolution commune. Finalement, j'accompagnai ma mère pour le trajet jusqu'à Akita, désireuse de revoir mon frère au passage. Peut-être que cette dispute n'a pas résolu nos problèmes, mais elle a ouvert une porte à la compréhension mutuelle, à la reconnaissance de la douleur que nous partageons toutes les deux.

Dans l'immensité du paysage qui défilait, nos pensées et émotions se mêlaient dans un silence pesant, chacune de nous absorbée par ses propres tourments intérieurs. Les rayons du soleil perçaient à travers les vitres, illuminant nos visages crispés par les préoccupations.

C'est sur cette route sinueuse vers Akita que l'orage éclata, rompant le calme précaire qui régnait entre ma mère et moi.

« Tu sais, ma chérie, les murs peuvent être aussi fins que du papier. J'ai entendu ces mots, 'Je t'aime' quand tu étais au téléphone, plusieurs fois maintenant. Quand aurai-je le plaisir de rencontrer celui qui fait battre ton cœur ? » insista-t-elle, son regard empreint d'une inquiétude palpable.

« Parce que tu m'espionnes maintenant ?! Momo, je t'ai déjà dit que ma vie amoureuse ne te concerne pas ! », répliquai-je, mes mots teintés de frustration, me sentant trahie.

Son regard, empreint d'une fermeté maternelle, croisa le mien. « Nissa, en tant que mère, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour toi. Tu passes tellement de temps avec ce mystérieux jeune homme, et pourtant, je ne sais rien de lui ! »

Je roulai des yeux, exaspérée, exacerbée.

« Je passe plus de temps avec mes amies pour ta gouverne. Puis c''est de faute si je ne le présente pas parce que je sais que tu jugerais cette personne sans même lui donner une chance, Momo. Elle est extraordinaire, tu sais ? Mais tu refuses de le voir simplement parce qu'elle ne répond pas à tes critères. »

Son regard ne faiblit pas. « Si tu es assez adulte pour avoir une relation, tu es assez adulte pour me le présenter. »

« C'est ma vie, maman ! », rétorquai-je, mes paroles claquant dans l'habitacle. « Tu n'as pas à tout contrôler. » L'atmosphère se tendit entre nous, chacune campant fermement sur ses positions.

Puis, après un long soupir, ma mère adoucit sa voix.

« Tout ce que je veux, c'est ton bonheur, ma chérie. »

Je baissai les yeux, sentant peu à peu la colère s'apaiser en moi.

« Je le sais, Momo, mais s'il te plaît, essaie de me faire confiance. »

Un accord tacite s'installa entre nous, fermant la voie à une conversation close sur cet amoureux secret. Dans cette ville lointaine, j'ai pu retrouver mon frère et partager des moments complices avec lui avant de regagner Kobe en avion. Une expérience qui m'a confortée dans l'idée que l'avenir était prometteur et dans ce moment partagé, je réalise que, peu importe où la vie nous mène, le lien qui nous unit restera indéfectible.

#terminé
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