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Naoki Harada
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Naoki Harada
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Dim 14 Mai 2023 - 16:00
Cheveux: Une mèche verte qui tombe vers la droite de ses cheveux
Verres de contact: Bleus

Vendredi 9 février 2018

Il y a un site de rencontre sur lequel je suis. Il n’est pas tout à fait traditionnel mais il est très bien et assez populaire pour y voir régulièrement de nouveaux profils. Déjà, comme sur ce site tu veux cocher être intéressé par les hommes ou les femmes ou les deux, on ne voit qu’un description sommaire des profils, les goûts, les hobbies et passions, une brève description de notre caractère… La photo et le nom n’apparaissent pas pour diminuer les risques d’intimidation. Elle apparaissent quand les deux personnes acceptent de discuter entre elle et de dévoiler d’un commun accord ces informations. Le site a aussi cette particularité d’avoir une section de recherche pour rendez-vous. Bien souvent, je la défile rapidement, mais en jetant un oeil il y a deux jours, une demande particulière a attirer mon attention: « Cherche compagnie pour marger à un restaurant italien ».

Bon, ce n’est peut-être pas les mots exactes, mais c’est le résumé. Posté par un homme et la case homme était cochée tout comme celle femme. Tranche d’âge: 25-30 ans. Intéressant! J’avoue que la cuisine italienne m’est très peu familière… J’ai donc répondu. Je sais bien qu’en ce moment, y’a une fille qui me plait beaucoup, mais ce n’est pas une raison pour fermer la porte à de nouvelles rencontre. On a fini par échanger nos noms, mais pas la photo de profil. C’est bien de garder un peu de mystère, non? Je lui ai quand même indiqué que j’avais une couleur de cheveux particulière pour qu’on se reconnaisse.

Le jour J est arrivé. J’ai mit des pantalons propres, un t-shirt blanc propre et un veston léger très simple noir. Me voilà proprement vêtu pour l’occasion. J’arrive devant le restaurant choisit par mon rendez-vous. Il a l’air tellement bien. Je regarde l’heure. J’ai 15 minutes d’avance, c’est parfait! Je n’aurais pas aimé faire attendre mon compagnon. J’attends donc devant l’entrée en espérant qu’il vienne et que je ne me suis pas fait avoir…
Yukio Ogawa
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Dim 14 Mai 2023 - 21:44




Prenons le thé ensemble !
Vendredi 09 février 2018


Musique d'ambiance
Tenue

[Flashback] Prenons le thé ensembles Image_37


A voix basse, murmurant comme un sorcier au fond de sa caverne, Yukio se jetait à chaque seconde des milliers de malédictions. La tristesse monotone de ses journées interminables l'avait conduit à l'impardonnable. Réduit au pire par l'absence du meilleur, et en désespoir de cause, il avait évoqué, auprès de l'oreille attentive de sa soeur, la difficulté de sa situation. En latiniste déclinant prêt à toutes les lamentations, il s'était plaint, durant d'interminables minutes, du fait qu'étant seul, la fréquentation de son restaurant italien préféré lui était proscrite. Versant sur ses derniers souvenirs de saltimbocca des larmes émouvantes, il avait laissé parler la nostalgie papillante de sa jeunesse, emplissant la coupe de sa frangine du vin épuisant de la pleurnicherie fraternelle. Action exécrable au pays des mauvaises idées, voilà que sa cadette s'était mise dans l'idée de régler le problème à grands coups d'actions inconsidérées. Sans requérir les autorisations idoines, la benjamine des Ogawa avait profilé son aîné sur le net, offrant à qui le voulait de supporter sa compagnie. Le professeur d'histoire détestait quand elle faisait ça, mais il ne pouvait s'en prendre qu'à sa propension à s'apitoyer sur son sort. Il avait prêté le flanc, elle avait fomenté la pire des vengeances, en parfaite connaissance de l'incapacité de son frère à ne pas honorer un rendez-vous, ne serait-ce que par pure politesse.

Summum de la forfaiture, cette adorable harpie pleine de perfidie ne lui avait même pas donné l'identité de la personne qui partagerait son repas du soir, se contentant de phrases allusives et d'indications vagues. "Cherche une mèche verte" qu'elle avait balancé, la pie-grèche, comme si c'était suffisant... Avec la jeunesse dissolue du XXIème siècle, on ne savait plus où donner du photorécepteur conique. Du vert, du bleu, du rose, du violet, du rouge, et même de l'orange. Certes, ça devait être pratique d'avoir un nuancier Pantone en permanence sur soi, mais enfin quand même, ça manquait de tempérance. Ils étaient tous multicolores comme des arc-en-ciels, comment diable était-on censé trouver une couleur précise dans tout ce bazar capillaire ?

Soupirant devant tant d'injustice, errant dans la rue des fleurs, passant et repassant devant la façade pittoresque de Dal Boscino, voilà que l'enseignant cherchait une mèche verte comme Harry Potter aurait cherché le vif d'or. L’œil tourbillonnant, il scannait les passantes avec une discrétion relative, manquant à chaque fois d'effrayer l'objet de ses attentions. Insuccès répété, il s'était visiblement fait posé un lapin sous un citronnier. Au final, la seule personne à dispenser au public la présence d'une étoupille faciale émeraude, c'était ce garçon, juste devant le restaurant, et do... Attendez... Non... Quand même... Elle n'aurait pas osé ?

Vipère démoniaque ! Elle avait fait ça ! C'était certain. Mais quelle mégère hargneuse ! Saleté de gorgone teigneuse ! Peste bilieuse en mal de facéties ! Elle devenait pire que son frère. Elle déployait dans son cynisme sardonique une pertinence rarement égalée. Ecoeuré par tant de sournoiserie, Yukio jura presque à voix haute, sur un ton mauvais, faisant changer de trottoir la grand-mère apeurée qui passait près de lui à ce moment-là.

Inspirant et expirant comme un sophrologue en plein stress, il réajusta sa cravate, tentant par réflexe de se redonner une contenance face à la profondeur de sa surprise. Il était résolu. Homme, femme, fantôme ou yokaï, un rendez-vous était un rendez-vous, et la convenance exigeait de s'y présenter, ne fut-ce que pour y déclamer ses bonnes manières. Que la mèche fut rose, verte ou même kaki, le savoir-vivre le plus élémentaire astreignait d'y poser les yeux. Le reste se réglerait plus tard, entre quatre yeux. Il saurait jouer à la source de ses tourments du soir des tours autrement plus machiavéliques. On verrait bien qui pouvait gagner à ce petit jeu.

En attendant, bien présenter, conserver son aura de dignité, ne pas froisser sa veste, sourire, ce n'était pas comme si la compagnie à venir projetait des airs désagréables. Un peu jeune peut-être, mais des yeux en amande assez agréables à regarder, et un air débonnaire qui donnait envie tant de plaisanter que de se confier. Des traits espiègles, entre sourire charmeur et maladresse ingénue, c'était une combinaison attachante, presque ensorcelan... Il toussa artificiellement pour se reconcentrer. Les choses ne se passaient pas comme ça. Il fallait faire des choix dans la vie, et ce genre de pensées iconoclastes étaient à garder pour des circonstances bien définies. Pour autant qu'il sache, ce jeune homme pouvait parfaitement connaitre certains de ses étudiants, et il s'agissait de préserver l'image de sa personne. On ne compartimentait pas sa vie pour laisser ses émois jouer aux vases communicants. D'abord, en savoir plus. Ensuite, on aviserait bien. De la tenue, que diable. Yukio ne dévoilait pas l'envers de son costume sur simple demande, et encore moins à ceux qui ne l'avaient jamais vu sans cravate. Et puis, même Gareth n'avait pas voulu de lui, aucune raison que les choses se passent différemment ce soir.

Regardant à droite et à gauche, le professeur fit un léger détour pour traverser la rue sur les lignes rigoureuses du passage piéton. Il n'y avait aucune voiture à l'horizon, mais en plein trouble, céder à ses compulsions obsessionnelles le rassurait toujours. Arrivé devant la porte bleue pastel de Dal Boscino, il avança vers son rendez-vous du soir, qui, revêtu d'une tenue bourgeoise épurée, attendait avec la quiétude du juste. Gai, souriant, enjôleur, il s'inclina très légèrement, comme on saluerait sans y faire attention, et lança avec un ton volontairement embobelineur:


- Elle est jolie votre mèche verte. Elle donne envie de partir en voyage avec vous. On rentre ?  







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Mar 6 Juin 2023 - 3:18
Je me demande il est quel heure, mais je n’ose pas regarder mon téléphone. Je n’ose pas parce que je sais que je pourrais me mettre à jouer à un jeu pour passer le temps et mon comparse de la soirée me trouvant ainsi serait très malvenu. Non. Je reste patient et observe les passants. J’avoue que si j’ai donné un indice sur mon apparence à mon rendez-vous, je ne sais pas à quoi il ressemble. Je me doute qu’il a les cheveux brun ou noir. Sont-ils long ou court? Pour réserver dans un restaurant comme celui-ci, je le vois plutôt avec une coupe classique. Est-il seulement japonais? J’en suis pas mal convaincu puisqu’il s’appelle Yukio Ogawa. Quoi que ce n’est peut-être pas son vrai nom, mais je lui laisse le bénéfice du doute. Il ne m’avait pas l’air de quelqu’un de mauvais par écrit.

Les gens passent, certains entrent dans le restaurant, mais ils sont déjà accompagnés et moi je cherche un regard. Ce regard, je le croise finalement. Il ne détourne pas les yeux et semble venir sans hésiter vers moi. Je crois bien qu’on s’est trouvés. Premier regard: Il est bien habillé et il est beau. Son sourire invite le mien tel un miroir. Il me salut en complimentant la mèche colorée dans mes cheveux. Elle donne envie de voyager? C’est la première fois qu’on me la sort celle-là! Je vais retenir l’idée, je crois. Je le salut d’une légère inclinaison, ravi de le suivre à l’intérieur.

Une fois à l’intérieur, je jette un oeil à l’endroit. C’est sympathique, chaleureux, agréable comme ambiance. Juste assez chic, rustique et invitant, ce restaurant n’appel qu’à passer une excellente soirée avec de la bonne nourriture. Je ne regrette toujours pas d’avoir répondu à cette annonce. Je suit Yukio jusqu’à la table qui nous est réservée et une fois placés, on nous tends les menus que je zieute à peine. Mon regard dévie plutôt sur le bel homme assis en face de moi. Il est très plaisant à voir. Il fait bien son âge quoi que je pencherais, sous toutes réserves, plutôt proche des 30 années que des 25. Ça ne me dérange pas. Ce n’est pas l’âge qui détermine une bonne compagnie, mais un peu de causerie et je me permet donc de rompre le silence.

-Enchanté, Ogawa san. Merci pour l’invitation. Est-ce que vous connaissez bien la cuisine ici? Pour savoir si je peux me référer à vous pour quelques conseils sur le menu…

Je ne vais pas mentir et faire croire que je m’y connais en cuisine italienne. C’est un plan pour mettre le pied dans un piège. Autant y aller franc jeu, de ma voix sobre et douce, pointée d’un ton charmant.
Yukio Ogawa
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[Flashback] Prenons le thé ensembles Empty Re: [Flashback] Prenons le thé ensembles

Mer 7 Juin 2023 - 21:49




Prenons le thé ensemble !
Vendredi 09 février 2018


Musique d'ambiance
Tenue

[Flashback] Prenons le thé ensembles Image_37


Dal Boscino était un restaurant tant atypique qu’authentique, deux qualités qui avaient conduit Yukio à apprécier d’y passer du temps. Depuis ses voyages en Italie, il n’avait retrouvé qu’ici les humeurs sanguines et insouciantes de la botte méditerranéenne. Le lieu sentait l’origan parsemé sur les plats, le basilic haché grossièrement, le café torréfié et combustion du bois de hêtre dans un four en briques. Tout ici respirait l’époustouflance romane : le carrelage noir et blanc, au sol, les pendants luminaires aussi kitsch que le papier peint, les cadres dorés et débordants entourant des toiles colorées, le tout se combinant à la sobriété des nappes blanches et immaculées, jetées sur les tables et ne faisant que mieux ressortir les serviettes à carreaux rouges et blancs. Une forme de surcharge toute napolitaine emplissait les lieux, laissant sur les yeux un sentiment de sincérité. Celui qui vivait les lieux n’avait rien vendu aux sirènes de la sobriété, et chargeait ses visiteurs de ses goûts francs et naïfs, sans autre guide que son honnêteté.

Le professeur d’histoire trouvait ici bien plus que du pain cuit à la minute sur la pierre, et des pâtes à la bardane et au saumon argenté. Il puisait, dans le caractère insouciant de la décoration, et dans la bonne foi d’assiettes appétissantes, de quoi étancher sa soif de spontanéité, dans un pays où les visages, par un apprentissage long et diffus, ne savaient souvent diffuser que des faux-semblants et de la politesse. Ici, on l’abreuvait d’ailleurs et de vérité. On lui servait, dans sa coupe pleine de Lambrusco, des lampées d’altérité vinicole, et de libre expansivité. Si le patron lui-même savait ici dévêtir son esprit, et l’offrir tout entier dans une expérience momentanée, pourquoi les clients ne seraient-ils pas conduits à suivre son exemple. C’était l’endroit parfait pour jouer cartes sur tables, et déballer devant ses convives la candeur de ses pensées.

Naoki ne s’y était pas trompé, lui qui avait, sans mensonge éhonté, avoué dès ses premiers mots se trouver en terre inconnue. Devant de telles paroles, il eut été insultant de s’en réduire à des impostures. Les mots de l’étudiant appelaient de l’exactitude, et méritaient des réponses loyales. Aussi, bien que gêné par l’incongruité de la situation – il ignorait toujours le nom de son compagnon – Yukio ne se sentit pas de tenter un quelconque bluff, et se résolut à adopter, pour la soirée, une posture de probité compassionnelle.

Brisant métaphoriquement la distance qui le séparait de son rendez-vous du soir, l’enseignant prit une voix rassurante, rigoureuse et complice :


- C’est assez adorable de votre part de demander. Je vous conseillerai du mieux que je peux, c’est promis. Et puisque nous en sommes là et que vous m’êtes tout à fait respectueux, je me dois de vous confesser quelque chose. Sur internet, c’est avec ma sœur que vous avez échangé. Je n’en étais pas partisan, mais c’est elle qui s’est décidée à me prendre un rendez-vous ce soir. Je vous présente platement mes excuses pour cette situation gênante.

Il fit une très légère pause, puis reprit :

- Pour tout vous dire, je ne connais même pas votre nom, mais si vous me le permettez, j’aimerais beaucoup le connaître. Je ne sais peut-être pas comment vous vous appelez, mais j’ai cette intuition que vous valez plus que l’une de mes soirées. Mes perceptions me content, et je leur fais souvent confiance, que vous sortez de l’ordinaire, et que derrière votre style un peu extravagant, se cache une personnalité tout à fait captivante. Bien sûr, je peux me tromper, mais je vous sens honnête dans vos relations, et surtout, honnête avec vous-même. Il y a dans votre allure quelque chose d’admirable, comme si vous traversiez le monde sans vous soucier de sa négativité, sinon pour autrui. Une manière discrète de renvoyer, à qui veut l’entendre, votre caractère désintéressé. Je ne compte pas vous mentir, ceci vous rend mille fois plus beau et attrayant que l’aspect amusant de votre mèche colorée. Mes observations me conduisent à l’erreur, parfois, mais ce soir, je voudrais les croire, et passer avec vous un moment agréable. C’est peut-être bien trop vous demander, auquel cas je ne me brusquerai pas de votre départ soudain, mais je vous demande affectueusement d’y réfléchir, en vous promettant que je saurai vous en être reconnaissant.

Il prit une grande inspiration, et proposa à son interlocuteur un léger sourire accompagné d’un regard à peine fuyant, comme une invitation timide à le rejoindre dans un monde onirique.

Subtil, presque effarouché, il demanda :


- Alors, qu’en dites-vous ?







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Dim 16 Juil 2023 - 3:59
Il me mentionne bien vouloir m’aider à la juste valeur de ses connaissance, mais si je m’attendait à ce que s’en suivent soit des questions sur mes goûts ou directement me suggérer ses favoris, je me retrouve plutôt face à une confession.

Oh!

Ainsi, ce rendez-vous avait été orchestré par une tierce personne. Sa soeur, si j’ai bien suivi. Malgré l’annonce quelque peu déroutante, je garde mon léger sourire sans même une once de déception. Si l’on pouvait s’attarder sur mon expression facial, à peine aurait-on détecter un peu de surprise par le haussement de mes sourcils, sinon encore plus de curiosité prenant place dans mon regard. Je me garde toutefois de laisser paraître la pointe d’amusement qui traverse mon esprit. Le coup d’inscrire une personne sur un site de rencontre, avec ou, bien plus souvent, sans son consentement, je connais. On ne me l’a jamais fait et j’avoue n’avoir jamais eut l’occasion de le faire à quelqu’un, mais je suis totalement en accord avec la soeur d’Ogawa san. Je pourrais bien inscrire un ami proche ou même encore ma cousine à un site si l’heure était grave. Je n’avais cependant jamais imaginé me retrouver en face d’une personne ayant subit cette audacieuse supercherie, d’autant plus qu’elle met en scène un repas entre deux hommes. Plusieurs auraient criés au scandale juste à l’effleurement de l’idée.

Comme je disais, face à cette révélation, je n’ai ressentis de la déception, non. En fait, je suis plutôt intrigué de savoir pour il est venu tout de même… Enfin, je ne sais pas s’il lit dans mes pensées, si j’ai été trop expressif ou si c’est une pure coïncidence, mais l’enchainement de ses propos dessinent lentement une réponse. Ainsi, il aurait pu fuir, mais au final, je lui ai donné envie de me connaitre. Si je le regarde directement tout au long, mes pupilles finissent pas se déplacer un peu vers le coté pour cacher l’agréablement gêne d’être touché par sa description préliminaire de ce qu’il perçoit de moi. C’est bref, mais mon regard de nouveau en place, mes joues restent quelque peu traitre de ne pas avoir été indifférent à ses propos. Après tout, comment ne pas tomber sous le charme?

Une fois qu’il eut terminé, je lui doit donc une décision. La réflexion n’est pas difficile et j’avoue que même si je le ressent, je ne sais pas comment exprime un juste retour des compliments. Je pourrais le taquiner et lui faire croire que ma décision est de partir pour me raviser au dernier moment en lui faisant comprendre la blague, mais je ne le connais pas assez pour tenter ce coup. En fait, mon sourire s’est déjà agrandit sans mon accord, jetant tous mes plans à l’eau. Autant rester dans le charme pur et simple et par pitié, il ne faut pas que je tente des phrases de drague. C’est non. Pas tout de suite. J’ai le don de souvent gâcher la situation avec ça malgré toute ma bonne volonté…

-Avec les compliments que je viens de recevoir, il serait très irrespectueux de ma part de vous fausser compagnie et de toute façon, je n’en ai pas envie. Je ne saurais dire si c’est l’appel de mon estomac ou la douceur dans votre regard qui me retient ici, mais je suis certain que, peu importe, je souhaite poursuivre ce moment en votre agréable compagnie!

J'espère que j’en ai pas trop mit.. Je me suis un peu laissé aller. Après tout, mieux vaut laisser parler son coeur non? Cependant, je réalise qu’il ne sait finalement rien de moi puisque j’ai discuté avec sa soeur. D’ailleurs… Je ne sais même pas si je peux me fier à ce qu’elle m’a décrit en se faisant passer pour lui… Dans ces cas là, il suffit de recommencer du début. Vous en pensez quoi?

-Alors… Comme vous ne savez apparement pas grand chose de ce que j’ai dit à votre soeur - et ne vous inquiétez pas, nous n’avons pas échangé énormément d’information - je vais prendre pour acquis qu’elle ne ma rien dit et que je ne sais donc rien non plus de vous, même le nom. Comme ça nous pourrons partir sur un pied d’égalité! Donc, je me présente; Harada, Naoki, enchanté et ravi d’être ici avec vous. Vous êtes?
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Mer 9 Aoû 2023 - 22:51




Prenons le thé ensemble !
Vendredi 09 février 2018


Musique d'ambiance

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Une rencontre des plus merveilleuses s'annonçait. En gentlemen affables épris de vérité, le duo d'une vêprée pleine d'avenir avait joué cartes sur tables, dévoilant l'essentiel pour mieux casser la distance. Ce soir, dans ce coin d'Italie perdu sur la côte japonaise, les violons pouvaient accorder leurs arpèges, et tandis que les œillades charmées se dansaient autour, les mots pouvaient, à tout le moins, porter sur les peaux la chaleur brûlante d'un désir naissant. Les délices délictueuses d'un tel moment vibraient d'une lueur séductrice. Les orgues ausoniennes bullaient dans l'air des humeurs badines, et nourrissaient par des notes insouciantes les amours tentatrices d'une atmosphère infractionnelle. L'air du restaurant, consistant, était habité du désir entier de céder à ses failles, et de se complaire dans ses fautes les plus impardonnables. En germe couvait, sous la surface, l'envie irrépressible de commettre de ces erreurs que personne ne regrettait jamais vraiment.

Yukio sentait en lui des relents d'Oscar Wilde et de Beaudelaire. Sur les bords duvetés de ces mèches tordues, il voulait s'enivrer des senteurs confondues. Infinis bercements du loisir embaumé, il criait du regard son envie de céder. Et de plonger en esthète au fond de ces yeux cérulescents, faisait aimer le vertige comme on aime le vin blanc. Il rêvait, sans limites, à humer à longs traits les raisins du souvenir, dans lesquels se perdaient en épices une ivresse langoureuse. Il brûlait, il se consumait, il irradiait de son sourire, et il espérait amusé la teneur calorifique de son vis-à-vis.

Pour ne point décevoir, il s'arma de sa voix la plus suborneuse, et entreprit de l'utiliser:


- Vous êtes plus qu'aimable de me pardonner. Mon regard n'est doux que lorsqu'il court sur l'épicarpe des fruits les plus resplendissants, et vous n'êtes pas vraiment terne. Naoki, c'est un prénom plutôt sympathique, qui donne envie de vous faire confiance.  

Il fit une pause, puis continua, enjôleur dans l'expression de ses mots comme dans le mouvement de ses lèvres:

- Je m'appelle Yukio Ogawa, et c'est à peu près tout. Comme tout le monde, je suis exceptionnel. Mon hobby ? Je rencontre des hommes plutôt beaux gosses dans des restaurants italiens, et quand j'ai réussi à les convaincre qu'ils valent plus que la main de Midas, je les emmène faire des balades nocturnes au bord de l'eau, juste histoire de les embrasser dans un cadre romantique. S'ils le veulent bien, et si la Lune est claire, je leur glisse à l'oreille quelque parole licencieuse, que la brise emporte vite sans laisser de preuves. Je suis, moi aussi, enchanté et ravi d'être ici avec vous.  

Voyant que les menus s'étalaient toujours devant les convives, le professeur d'histoire eut l'audace d'ajouter:

- Si je puis me permettre, les tagliatelles au pesto citron, basilic et pistaches sont une valeur sûre, et ont un côté assez surprenant, frais, presque astringent. C'est l'un des plats que je trouve le plus simplement réussi de cet endroit. Je soupçonne le chef de mettre du basilic pourpre en plus du basilic vert dans son pesto, mais je n'ai jamais pu le prouver, ça ajoute une toute petite pointe de gingembre à l'ensemble, vraiment très subtile, contrairement à moi qui ne le suis pas. J'aime bien le gingembre. Et vous, vous aimez le gingembre ?  







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Ven 6 Oct 2023 - 19:04
Yukio Ogawa… Au moins, j’avais le bon nom. Il s’étale ensuite sur ce hobby dont je devine ne pas être exacte, mais qui me laisse néanmoins plein d’espoir. C’est un programme de soirée qui me plait, et mon regard l’indique définitivement. La première étape m’es cependant rappelée lorsque Yukio me suggère l’un des plat du restaurant. Tout en l’écoutant, mes yeux daignent enfin quitter mon interlocuteur pour se poser sur le menu. J’en lit les détails rapidement pour trouver le fameux plat dont il me parle. Je suis conquis. Non pas par le plat en soit, mais parce que l’amoureux de plats italiens sait aussi très bien en parler. Bon, le plat me tente beaucoup aussi, mais parler de saveurs à un cuisinier, il a vu juste sans le savoir. Ma petite passion prend alors le dessus.

-Très certainement que j’aime le gingembre! C’est un ingrédient tellement volatile qui sait réchauffer les plat et rafraichir les desserts de par son arôme citronnée et de sa saveur piquante. Certainement, la meilleurs façon, selon moi, de le travailler est lorsqu’il est frais. D’ailleurs, saviez-vous que plus on laisse la racine vieillir, plus sa chaire sera fibreuse, certes, mais plus il sera goûteux, chaud et piquant? C’est aussi une autre façon de balancer son intensité que simplement en mettre plus ou moins. Aussi, en cuisant, il perds de son intensité bien qu’il imprègne mieux le plat. Je trouve aussi qu’on sous-estime grandement l’apport de saveur qui peut apporter à un dessert d’une autre façon qu’en poudre, mélangé à d’autres épices. Par exemple, si on l’utilisait pour agrémenter un carpaccio de kiwi et de mangue? Une étonnante balance entre acidité, sucré et piquant, le tout légèrement rehaussé avec à peine quelques grains de sel….

Définitivement, j’imagine l’explosion de saveurs sur mes papilles, ce qui me donne encore plus faim… Et je me rends copte que je me suis peut-être un peu trop laissé emporter? J’essaie donc de rattraper.

-eeet donc! En attendant de pouvoir goûter ce plat appétissant que vous me suggérez, le cuisinier en moi est curieux d’en connaitre un peu plus sur vos goûts outre les plats italiens, le basilic et le gingembre…
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Mer 18 Oct 2023 - 22:28




Prenons le thé ensemble !
Vendredi 09 février 2018


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Les yeux plongés sur l'air éperdu de mon vis-à-vis, je l'écoutais, en artiste attentif, développer ses théories culinaires comme on aurait dérouler un programme politique. S'il eut fallu le préciser, au cas d'espèce, j'adhérais à la profession de foi en militant volontariste. Les idées étalées sur la table, comme autant de réflexions encore malléables, me donnaient envie de souscrire au discours proposé, et cela tenait autant au fond politique de l'exposé qu'à l'homme qui le portait. Lancé sur ce qui était visiblement son sujet de prédilection, Naoki devenait intarissable, au point d'en oublier de passer ses paroles au filtre des conventions. C'était adorable, et profondément attirant.

De manière générale, entendre un passionné disserter était séduisant, mais quand les théories défendues tenaient au rôle du gingembre dans la gastronomie, l'on était plus très loin de la sensualité la plus érotique. Rares étaient ceux qui, par la justesse d'ensemble du flot de leurs paroles, savaient m'empêcher de les interrompre et d'apporter, en plein cœur du trait de leur plume, la teinte vermeille de la rigueur orthoterminologique. En des temps normaux, j'aurais interrompu l'impudent, le corrigeant sur le fait que le gingembre était plus un rhizome qu'une racine, mais il régnait désormais dans l'atmosphère de la soirée des airs badins qui, fait exceptionnel, m'en coupaient toute envie. Je laissais mon orateur déclamer, jusqu'à ce qu'il s'interrompe de lui-même, interdit devant l'inertie de ses truculentes jaspinations.

Le voyant presque gêné, je ponctuais la fin de ses déclarations de quelques remarques que je souhaitais innocentes, mais qui, malgré moi, confinaient comme souvent à des chicanes argumentatives:


- Je souhaiterais respectueusement faire un pas de côté. Voyez, dans un carpaccio, il faudrait effectivement arriver à conserver la force du gingembre, pour donner du punch, donc ne pas utiliser du gingembre en poudre, mais il apparait nécessaire d'éliminer la texture fibreuse, qui gênerait la liaison de l'ensemble des éléments du plat. Dans la mesure où utiliser du gingembre confit reviendrait à ajouter, vraisemblablement, trop de sucre, au risque de tout déséquilibrer, je serais pour ma part partisan d'une solution tierce. Par exemple, utiliser une infusion de gingembre, réduite à feu très doux au point d'en concentrer l'ardeur, puis légèrement gélifiée, afin de pouvoir en disposer des gouttes sur le carpaccio de kiwi et de mangue. 

J'étais, peut-être par réflexe, un peu trop assertif, et je crus bon d'ajouter:

- Enfin, je vous dis ça, c'est plus une hypothèse qu'autre chose, je ne suis pas vraiment un expert, et ce que j'évoque est peut-être révélateur d'un certain manque de subtilité. En cuisine, la ligne entre iconoclasme et barbarie est souvent fine, et je l'outrepasse peut-être sans même en avoir conscience.  

Interrogé sur mes goûts, je complétais avec un sourire entendu et une voix enjôleuse:

- Pour ne rien vous cacher, je suis un homme simple et arrangeant, et mes goûts suivent logiquement. En dehors de mon aversion pour les endives, je ne crois souffrir d'aucun interdit. Au fond, j'attache plus d'importance à la personne qui se trouve sur la chaise en face de moi qu'à ce qui se trouve sur la table. Les repas les plus abominables, en bonne compagnie, peuvent devenir exquis. Et si vous me permettez de vous confier la suite logique, je n'ai plus aucune inquiétude quant à l'éventualité qu'on me serve quelque chose d'horrible ce soir.







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Lun 23 Oct 2023 - 21:11
J’écoute attentivement les propos de Yukio. Correction: Je déguste chaque mot soigneusement cuisiné par Yukio. J’aime particulière la suggestion qu’il me fait afin de retirer le meilleur du gingembre. Définitivement, je devrai essayer cette recette un jour prochain. Peut-être même que si c’est réussit, je pourrai la présenter à ma tante et qu’elle la mettra dans un prochain menu de saison? Je m’enflamme un peu. Habituellement, je me contente d’exécuter les plats en y mettant tout mon coeur et mes capacités. Je ne suis pas celui qui conçoit. Ça, c’est plutôt un petit plaisir que je garde pour moi ou que je partage parfois avec ma mère.

Moi qui espérait en apprendre un peu plus sur ces goûts, je ne suis pas aussi bien servi quoi que je sais qu’il déteste les endives. Je ne suis cependant pas pour autant déçu puisqu’il me communique sa vision sur ce qu’est un bon repas et je trouve cela très poétique, voir romantique. Sa dernière phrase surtout pointe mon sourire de façon agréable. Il faut vraiment que je retienne ses méthodes, ses phrases. Il a une façon de draguer qui est si fluide, si douce et dangereusement ensorcelante.

-Je ne peux qu’être d’accord.

Je tente alors de m’accorder à ses compliments.

-Et je peux vous assurer que le plus exécrable des plats ne saurait entacher le plaisir de votre présence délicieuse…

Je crois que… C’était pas trop mal? Peut-être un peu plus maladroit et moins naturel que mon compagnon, mais certainement des plus sincère. À ce moment, le serveur se pointe pour prendre nos commande. D’abord les plats et puis… les consommations… Quoi prendre? Une fois les tagliatelles au pesto citron notées sur le carnet du serveur, je me permet une suggestion un peu audacieuse.

-Que diriez-vous de partager un bon vin?

C’est plutôt rare que j’en bois, mais j’aime bien en général.

-Blanc ou rouge, à votre convenance. J’ai plutôt envie de me laisser choyer par votre suggestion ou celle du serveur.
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Ven 5 Jan 2024 - 22:58




Prenons le thé ensemble !
Vendredi 09 février 2018


Musique d'ambiance

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La soirée s'avançait, et à mesure que nous dénudions timidement nos personnalités, par brèves touches souvent malhabiles, je buvais jusqu'à la lie le calice de l'exaltation, dévorant des yeux mon compagnon du soir, avec de moins en moins de crainte ou de pudeur. Bien sûr, je restais verbalement plus polissé que polisson, mais mon regard, moins soumis au poids écrasant de mon surmoi, se révélait par égarements. Je détaillais, par de courtes incartades, le visage malicieux, presque taquin, d'un Naoki pris dans son envie de bien faire. C'était, en un sens, adorable. Il y avait, dans cette volonté maladroite de se présenter sous son meilleur jour et de répondre aux attentes, un côté craquant, presque irrésistible. C'était, en un sens, révélateur d'une profonde sympathie, d'une certaine loyauté, et un homme n'était jamais plus séduisant que lorsqu'il étalait malgré lui ces qualités.

Par dessus tout, Naoki souriait, et je n'avais jamais su résisté à un sourire sincère. C'était même, à vrai dire, la seule chose réellement capable de provoquer, chez moi, une certaine forme de coup de foudre. J'étais, bien malgré moi, esclave des sourires que je croisais. D'aucuns tombaient dans les yeux des femmes, ou succombaient aux doigts agiles des pianistes, moi, je me tuais pour la moindre risette un tant soit peu sincère. Étrangement, je n'avais jamais su déterminer les origines de cet état de fait. J'avais bien quelques hypothèses, mais elles n'étaient pas forcément toutes confortables pour mon amour propre, et la plupart me renvoyaient à une enfance qu'il eut été préférable de laisser là ou elle était, dans un coin lointain de mon esprit. Au fond, les raisons importaient peu, Naoki était souriant, et c'était bien assez pour attiser dans ma conscience, et dans mon corps, l'envie d'aller plus loin dans la cartographie d'une affinité certaine.

Pour le moment, et pour une fois encore, mon camarade de soirée me mettait au défi. Souhaitait-il me noter sur mes prétentions œnologiques ? Vin sur vin, je n'étais pas complètement inculte en la matière, et, ici comme ailleurs, je me faisais un point d'honneur de ne commettre aucun impair. Il n'était pas dit qu'on me prendrait en défaut, et si Naoki souhaitait se laisser choyer par mes intuitions sommelières, j'allais lui offrir toute la tendresse de mon discernement viticultivé. Il voulait la sérénade de l'échanson, je brûlais de le bercer.

A dessein, j'adoptais un air profondément grave et réfléchi, presque solennel, et je déroulais mon raisonnement empreint de rigueur avec le plus grand des sérieux:


- Nous sommes là sur des saveurs plutôt herbacés, arrondies par un côté onctueux tout en étant rehaussées de l'attaque légèrement acide du citron. Le tout est néanmoins subtil, à ne pas matraquer avec quelque chose de trop évident, de trop lourd, de trop prononcé. Je m'orienterais donc plutôt vers un vin blanc, pas trop sucré, pas trop sec non plus, mais avec un parfum puissant, sûrement floral... Peut-être même quelque chose de pétillant en fait. Le plat lui-même l'est, d'une certaine manière. 

Je jetais un œil à la carte des vins, l’œil vif et attentif, et je trouvais exactement ce qui était susceptible de convenir:

- Nous allons prendre un Sancio, une bouteille de Lumassina Lady Chaterley, ce sera parfait. C'est un vin blanc de Ligurie, avec des bulles très fines, presque citronnées, et une touche florale. C'est exactement ce que l'on cherche.  

J'ajoutais plus facétieusement, avec un air faussement innocent:

- Sur ça comme sur tant d'autres choses, je m'engage à vous satisfaire intégralement, faites-moi confiance.







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Dim 14 Jan 2024 - 18:18
Tandis qu’il fait son choix, je l’écoute, je l’observe. J’admire ses traits façonnés par la concentration. Cet air plus sérieux a définitivement de quoi charmer. C’est que ce n’est pas un sérieux basé sur l’autoritaire ou l’incompréhension, l’impatience ou le devoir. C’est un air qui a un fond positif, joyeux. Je le décerne, ce désir de plaire et j’avoue que même s’il choisi un vin qui apparait parmi les plus exécrables à mes papilles, je serai comblé simplement parce que je sais que le choix est bercé de volonté. Le serveur attends notre choix, mais il n’est qu’un figurant. N’étant pas connaisseur en vin, j’avoue ne pas suivre la moitié de ce qu’il dit. Ce que j’en comprends, ce sont les notes au sujet des saveurs, un langage que je connais. Sancio? Ligure? C’est des régions? Des types de raisins? Je n’en sais rien. Ça vient de quel pays? Qui sait. Le serveur est simplement ravi d’enfin pouvoir partir avec nos commandes incluant le vin. Il s’éclipse discrètement alors que j’avais presque oublié sa présence.

De toute façon, à ce moment précis, je n’ai d’yeux que pour mon interlocuteur. Mon regard plonge dans le sien, lorsqu’il m’indique avoir à coeur de me satisfaire en tout point. S’il prends cet air faussement innocent, empli de sous-entendus, le mien n’a rien d’innocent, indiquant qu’il a bien tout saisit et mon sourire dénude ma hâte de voir comment il sait satisfaire.

-J’espère alors que vous pourrez saisir ma gratitude à la hauteur de cette satisfaction…

Parce qu’évidemment, vu les prémices, je n’ai pas non plus envie de le laisser en reste. Moi aussi, j’aime bien satisfaire. J’ai bien hâte de voir comment va se dérouler le reste du repas. Ce repas à une ambiance romantique. Oh non, même si mon coeur s’emballe à chacune de ses parole, il m’en faudrait plus pour crier à l’amour, mais je veux bien voir où cela mène. Peut-être à une finalité ou nous donnerons tout sachant qu’ensuite nous ne deviendrons que des souvenirs rangés dans un coin. Peut-être qu’il y aura d’autre repas. Peu importe, autant me délecter de ce jeux de séduction peut importe où il mène et le chemin qu’il emprunte. Profiter du moment présent, comme on dit. Je me permet de poursuivre la conversation. Peut-être suis-je trop curieux, mais j’aime bien en apprendre plus sur les personnes avec qui je partage un repas de qualité.

-Puisqu’on a dévoilé une partie de nos connaissances culinaires, j’aimerais bien en apprendre un peu plus sur vous.

Ainsi s’entame la conversation.

-Je peux même proposer un petit amusement.. Une question à la fois et interdit de retourner une même question?

J’aime bien cela. De cette façon, nous ne nous arrêtons pas qu’à deux ou trois sujets de conversation. Nous devons aussi faire preuve d’un peu de créativité afin de varier les sujets. Cela n’est-il pas plus intéressant d’apprendre des faits minimes, sur l’autres? D’apprendre à connaitre l’autre par des facettes peu mises à l’avant? D’éviter de nous comparer sur un même sujet? Bien que je ne doute point que nous finissions pas donner nos avis, peu importe ce qu’on apprends de l’autre.

-Par exemple… J’aimerais savoir si… Vous avez des animaux!

En douceur, pour prouver que l’on peut se permettre de demander tout et n’importe quoi, dans le respect. Peut-être que Yukio refusera mon idée. Dans ce cas, je m’y résignerai sans regrets puisque je sens que peu importe nos discussions, ça risque d’être intéressant.
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Lun 5 Fév 2024 - 21:56




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Vendredi 09 février 2018


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Un jeu ? Des questions ? Façon action ou vérité, un gage ou une révélation... Voilà qui ramenait Yukio, peut-être un peu trop, au temps perdu de sa jeunesse insolente, à cette époque révolue où, moins brave qu'inconscient, il ne craignait pas encore de faire des erreurs. La proposition de Naoki était, par des voies détournées, un peu vexante. Bien sûr, elle ne l'était pas en elle-même, mais ses résonances, qui tapaient sur les échos des années passées, renvoyaient le professeur à une impression diffuse. Yukio était vieux. Il n'était plus, depuis longtemps, cet adolescent prêt à faire tourner une bouteille vide au milieu d'un cercle de jouvenceaux ivres d'une puberté à explorer. Il était vieux, et quand on était vieux, c'était souvent pour toujours.

Longtemps, il s'était demandé ce que ça signifiait, d'être vieux. Il avait fallu, curieusement, qu'il le devienne pour le comprendre. Dans la vie, on devenait vieux quand on comprenait, au détour d'un matin, qu'on ne vivait plus pour soi-même. Il est un âge, une journée, un moment, où l'on comprend, sagement, que construire sa vie et son bonheur ne sont plus vraiment la priorité. Un âge, relatif, où l'on admet, souvent un peu trop tard, que dorénavant, on vit pour ceux qui suivent. Quand on est jeune, on hérite le monde de ses parents. Quand on est vieux, on l'emprunte à ses enfants. Yukio n'héritait plus de rien. Ses parents étaient morts. Désormais, il empruntait le monde, et tâchait, comme il le pouvait, de le laisser en bon état. Après tout, quand on apprécie le locataire suivant, on prend soin de la tapisserie.

Naoki, lui, était de l'autre côté de la barrière, loin de l'autre côté, et cela faisait un peu de peine au professeur. Que l'on ne se méprenne pas. Il ne possédait aucun mépris pour les générations postérieures à la sienne. Ce qui le peinait, c'était la barrière. On ne passait les rouleaux que dans un sens, sans retour en arrière, et si Naoki était de l'autre côté, cela condamnait, à dire vrai, toute éventualité sérieuse de construire quoi que ce soit. En six mots comme en cent, en une phrase comme en trois douzaines de dissertations: Yukio était vieux, un peu trop, Naoki était jeune, un peu trop.

La bouteille qui tourne, les paris à boire sur des cartes retournées, les actions, les vérités, tout cela rendait l'enseignant nostalgique, et le ressenti de ce sentiment était, sans ambages, la meilleure preuve qu'il n'était plus si jeune. La nostalgie, voilà qui est bien un sentiment de vieux.

Le professeur avait, à l'intérieur des joues, le goût d'une douceur un peu amère, mais il s'en serait voulu de casser l'ambiance avec ses réflexions sans intérêt pour son ami du soir. Il se força à sourire. Au fond, c'était un peu libérateur, de percevoir le fossé qui les séparait. Rien de bien sérieux ne pourrait ressortir de cette soirée. Autant en profiter pour vivre sincèrement.

Il glissa, le ton joueur:


- Il a l'air marrant votre petit jeu. J'avais justement des questions qui me brûlaient les lèvres. Me laisser les poser, c'est prendre le risque que je vous enflamme. Enfin, je dis ça très innocemment... 

Il ajouta, plus sérieux, moins charmeur:

- J'ai eu un chat, il y a longtemps. J'étais adolescent. Je vivais avec fondamentalisme mon premier chagrin d'amour. Le cœur éploré, tailladé, transpercé de milles poignards damasquinés, je colorais qui m'approchait du noir de mon désespoir. L'amour m'avait fait vivre, et pour la première fois, il me faisait mourir. Entier, peu empreint de nuances, je songeais à me jeter du haut d'un pont avec les débris de mon optimisme, pour disparaitre dans les flots avec la honte de n'avoir pas su aller au bout de mes préconceptions romantiques. Mes parents, qui ne comprenaient qu'à moitié la teneur de mon trouble, mais qui vibraient d'un pragmatisme à toute épreuve, m'offrirent un chaton. Un soutien émotionnel, en quelques sortes. Il s'appelait Grams, et il était à moitié sauvage. Pour tout dire, j'étais le seul à pouvoir l'approcher et le prendre dans les bras, sans prendre un coup de griffes, j'entends. Il était un peu caractériel, évidemment. Lorsque je suis parti, à dix-huit ans, je n'ai pas pu l'emmener. La vieille voisine qui s'ennuyait ferme l'a pris sous son aile. Il coule des jours heureux à manger du poisson frais tous les jours. Je n'ai pas eu le cœur à le récupérer quand je suis revenu. Il est bien âgé maintenant, et je m'en voudrais de le bousculer dans ses dernières années...  

Le professeur fit une pause, pensif, puis il reprit, à nouveau souriant et taquin:

- Pardon, je me suis un peu emporté. C'est mon tour je crois. Si j'osais, je vous demanderais bien si vous êtes aussi séduisant avec tout le monde, ou si j'ai droit à une prestation d'exception, mais ce serait un peu inconvenant, je crois, alors je vais juste vous demander ça comme ça: après le dessert, on va chez vous ou on va chez moi ?







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Ven 9 Fév 2024 - 3:26
C’est bien ce que je veux, qu’il m’enflamme, bien que nous deviens présentement rester discret puisque nous sommes en public, au restaurant. Certains convives doivent déjà imaginer la réalité: Un rendez-vous galant. Entre deux hommes, comme c’est inconcevable! Ils peuvent bien garder leur pensées pour eux. Heureusement, le charme d’un restaurant, c’est que la musique et le léger brouhaha créer par les discussions voisines créer une certaine bulle, je sorte qu’on n’est pas porté à écouter les autres tout comme les autres ne sont pas portés à nous écouter. Ainsi, nous pouvons échanger sans nous préoccuper des autres autour.

Je l’écoute alors en gardant mon petit sourire impassible. Heureusement que je suis doué à ne pas laisser transparaître tout ce qui se passe dans ma tête parce que… Un chat! Évidemment! Encore un chat. Toujours un chat! Les gens ne peuvent jamais se contenter d’un chien ou d’un mignon hamster tout doux? Néanmoins, ce n’est qu’une discussion de chat et… Sa voix est si agréable à écouter, ses paroles sont délectable malgré tout. Je me dis que je pourrais presque l’écouter pendant des heures. C’est un peu triste qu’il a du s’en départir lorsqu’il a du quitter pour je ne sais où. Bizarrement, je suis aussi soulagé qu’il ne l’ait pas repris à son retour, ce qui signifie qu’il n’a pas de chat chez lui, surtout vu la question qu’il choisit de me poser. J’ai déjà eut une ex avec un chat et vous savez ce qui est plus effrayant qu’un chat? C’est un chat qui te regarde pendant que vous… Enfin bref. Cette relation n’a duré que 5 jours. Je n’était pas capable de son chat. Pas faute d’avoir essayé.

-Si cela ne vous dérange pas, je vais accepter la proposition d’aller chez vous!

Mmmm.. Je devrais peut-être m’expliquer. Parce que là, ça ne sonne pas comme si je voulais juste profiter de chez lui? Déjà qu’il invite au restaurant… Non, je ne veut pas être vu comme un simple profiteur, mais ça fait un peu nul de dire aussi que je vit sur un campus ou sinon… Chez mes parents. Optons tout de même pour une vérité mais on ne met l’emphase que sur les détails importants.

-Ce n’est pas que je ne veux pas vous inviter chez moi, c’est simplement que je ne peux pas vraiment, puisque nous serions dérangé par mon colocataire. J’espère que cela n’entachera pas ce que vous pensez de moi. C’est simplement difficile de se permettre, seul, un appartement convenable avec un maigre salaire de cuisinier…

Une petite once de gêne teinte mon sourire à cet aveu. Je n’ai pas menti. J’ai bien un colocataire et je ne gagne pas assez pour me permettre un appartement qui soit plus grand qu’un mini loft où l’on peut à peine circuler… Bon. À mon tour de poser une question…

-À mon tour… Mmmm.. Je crois que j’ai envie d’oser l’inconvenable pour ma part. Est-ce que vous invitez tous vos rendez-vous chez vous directement après le dessert ou je fais parti d’à peine quelques chanceux ayant réussi une prestation séduisante digne de votre intérêt?

J’ai définitivement un air joueur cette fois. Mon hôte semble aimer pimenter un peu les choses alors, je peux bien essayer de le faire moi aussi. C’était aussi une façon subtile de le remercier de me trouver séduisant, mais ça, j’ai aucune idée s’il va le saisir et ce n’est pas plus grave.
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Lun 12 Fév 2024 - 23:16




Prenons le thé ensemble !
Vendredi 09 février 2018


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Yukio ne put s'empêcher de laisser transparaitre un sourire aussi attendri qu'amusé. Lorsqu'il essayait de se justifier tout en cherchant ses mots, Naoki devenait particulièrement mignon. Son visage se contorsionnait autant que ses paroles. Il avait un peu l'air d'un chiot pris le nez dans le paquet de croquettes, saisi sur le fait, le regard fuyant d'une honte incommensurable. C'était adorable. N'importe qui aurait eu envie de lui tapoter affectueusement le dessus de la chevelure, en le rassurant gentiment.

Le professeur ne put s'empêcher de vouloir ponctuer les phrases gênées de son compagnon de soirée. Il lui glissa sur un ton sécurisant:


- Tout va bien, Naoki. Vous n'avez pas vraiment à vous justifier de quoi que ce soit.

Il avait volontairement utilisé le prénom de son interlocuteur, autant pour briser la distance que pour le décontenancer dans son embarras. C'était encore une fois un peu cavalier, mais ce genre de choses avait pour mérite assumé de couper net les discours pris dans leur propre élan. En agissant de la sorte, il souhaitait permettre au jeune homme de sortir de ses confuses explications, et, avec un peu de chance, ce dernier lui en serait reconnaissant. Pour clore la parenthèse, il ajouta avec un timbre inadéquatement innocent, dans un murmure audible de leur seule table :

- Naoki, vu ce que j'ai l'intention de faire ce soir, je m'en voudrais beaucoup d'être surpris par votre colocataire. C'est à moi de vous remercier de votre infinie prévenance.

Lorsqu'il eut fini de prononcer sa réplique, Yukio se pencha sur son assiette, avec une attention toute naturelle et ingénue, comme s'il venait simplement de dire bonjour. Calme et intérieurement à moitié hilare, il laissa son rencard relancer la conversation, qui à son tour entra dans le jeu, et lui posa sur des airs angéliques un questionnement des plus concupiscents.

" À mon tour… Mmmm.. Je crois que j’ai envie d’oser l’inconvenable pour ma part. Est-ce que vous invitez tous vos rendez-vous chez vous directement après le dessert ou je fais parti d’à peine quelques chanceux ayant réussi une prestation séduisante digne de votre intérêt ? "

Le professeur releva la tête, et caressa doucement les yeux de son coreligionnaire avec la langueur de son propre regard. Appuyant intensément sur la coruscation de ses prunelles, il répondit avec une ambition provocante:

- Vous êtes une exception je dois dire. Le plus souvent, je n'attends même pas le dessert.

Il laissa s'écouler une ou deux secondes, puis compléta:

- Mais sachez que vous me faites honneur. D'ordinaire, je n'écourte le repas que pour abréger l'ennui d'une conversation assommante. Le fait d'aller aussi loin est en soi une marque de prestige, et vous la méritez amplement.

Tout en versant du vin dans les verres, et après une imperceptible pause, il ajouta:

- Voilà qui me renvoie au choix d'une nouvelle question, et j'en ai tant au bord des lèvres qu'il m'est difficile de les assagir, alors je vais aller à l'essentiel.

Il but une étroite lampée, et formula doucement:

- Je suis peut-être un peu cruel, mais j'aime bien voir les gens paniquer à l'idée de se présenter ostentatoirement sous un jour favorable. Alors, c'est un peu barbare, mais je voudrais que vous m'expliquiez quelle est la chose que vous aimez le plus chez vous. Ce peut être une partie de votre corps, un trait de votre caractère, ce que vous voulez, du moment que ça vous appartient. Le plus souvent, ceux qui doivent répondre à cette question rament comme des condamnés aux galères, et je dois dire que je trouve ça amusant, qu'il soit si difficile de se jeter des fleurs, parfois. Bref, ma question est la suivante, et elle est irrévocable: qu'aimez-vous le plus dans votre être, Naoki ?






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[Flashback] Prenons le thé ensembles Empty Re: [Flashback] Prenons le thé ensembles

Ven 16 Fév 2024 - 4:47
Je pourrais me perdre longtemps dans le regard de Yukio et tous les message qu’il envoie. J’ai presque même l’impression d’être une proie, hypnotisée devant la lumière d’une baudroie abyssale. Heureusement, je me sens très à l’aise et si mon compagnon de repas se fait désiré par ses remarques ou ses yeux, je reste sage tout en laissant paraître qu’il est loin d’être inintéressant. Je me souviens, de temps à autre, de prendre quelques bouchées de mon délicieux repas avant de le manger uniquement froid. Le vin lui, se fait un plaisir d’être porté régulièrement à mes lèvres. En premier lieux, sa réponse me laisse quelque peu perplexe même si je le démontre d’un regard curieux. Est-ce que je ne l’attise point ou… ?

Heureusement, il s’explique t j’en saisis mieux le sens, ravi. Je dois donc m’inquiéter s’il souhaiter passer le dessert. Ça me ravi. J’aime discuter, apprendre à connaitre un minimum la personne avant d’aller plus loin et ce, même si tout se fait à l’intérieur d’une même soirée. Les gens que je rencontre, ne sont pas simplement « une autre personne avec qui passer une nuit ». Non. Ils sont humains et j’aime avoir la relation humaine avant tout. On est donc bien parti ce soir. C’est ensuite son tour à poser la question et, elle me surprend quelque peu. J’avoue que je ne m’attendait aucunement à cela. Question surprenante, mais intéressante.

-Mmmm… Je dois y réfléchir un peu… Ce n’est pas tant que je ne sais pas mes points forts, c’est surtout… Que je n’ai jamais songé à les placer sur un podium… Alors…

J’ai dit la vérité. J’ai pleins de points forts et je le sais. J’ai même une excellente confiance en moi. Je pourrais énumérer ce que j’aime chez moi, mais qu’est-ce que j’aie le plus? Je ne me suis jamais arrêté pour y songer. Le théâtre? Suis-je un bon comédien? Oui! Suis-je un bon musicien? Aussi. J’aime mes cheveux, je me trouve assez beau aussi, quand je cache mes yeux mornes derrières des lentilles. J’ai de la gentillesse, j’aime protéger ceux que j’aime…. Mmmm…

-Ma loyauté… Ouais… Je crois que j,’aime particulièrement ma loyauté. Je crois que C’est ce qui fait que je suis bien entouré et il n’y a pas de meilleur sentiment que de savoir que ce à qui je tiens peuvent compter sur moi et qu’ils le savent…

Une fierté se dénote dans mon ton accompagné d’un bonheur pur. Je crois que j’aime ma réponse et… Je suis un peu triste de ne pas pouvoir lui renvoyer, mais le jeux, c’est le jeux et cela alimente ma curiosité.

-Je reste un peu dan le thème tiens… Quelle qualité recherchez-vous chez les autre afin de les apprécier?
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Mar 20 Fév 2024 - 21:58




Prenons le thé ensemble !
Vendredi 09 février 2018


Musique d'ambiance

[Flashback] Prenons le thé ensembles Image_37


Le vin était sublime. On y dénotait des fragrances printanières, envolées par les bulles fines qui s’effilaient en chapelets désireux de monter au ciel. Le raisin, cueilli tôt dans la saison, ne tuait pas la finesse de ses arômes par un excès de sucre dommageable, et c'était heureux. A y poser les lèvres, l'on se trouvait dans un jardin, sous une brise vernale, entre des merisiers en fleurs au mois d'avril. Il suffisait de tendre le nez pour voyager. Pour ne rien gâcher, la compagnie de Naoki rendait l'escapade pour le moins enchanteresse. Pouvait-on rêver mieux ? Les caresses exotiques d'un germinal italien, dans une coupe, et quelques sourires pour les accompagner, offerts par qui savait rendre sa compagnie délicieuse. Cette soirée avait déjà offert bien plus qu'espéré, et si tout devait s'arrêter là, Yukio saurait s'en contenter. Il rangerait, dans les étagères de son esprit, au rayon de ses réminiscences charmantes, la mémoire de ce repas partagé, conservant pour le reste de son existence quelques survivances des émotions qui l'avaient traversé.

Souriant tranquillement aux hésitations de son vis-à-vis, le professeur l'écouta tout en acquiesçant, comme pour l'encourager à se confier, puis ponctua:


- C'est important, de savoir sur qui compter. Être bien entouré, c'est une sacrée chance, profitez-en.

Il sembla perdu dans la contemplation de son verre, l'espace d'une longue seconde, puis reprit:

- Votre réponse me convient tout à fait, en tout cas. Pour tout vous dire, j'admire les gens loyaux. Il y a là une forme d'abnégation que j'ai du mal à pleinement concevoir. Je crains de n'avoir jamais été assez proche de qui que ce soit au point d'en ressentir une loyauté indéfectible. Je suis peut-être un peu solitaire, aussi, ça ne doit pas aider.

Il coupa court. Il ne souhaitait pas vraiment ennuyer son interlocuteur en s'épanchant démesurément sur l'aspect dépeuplé de son existence. Il fallait savoir garder pour soi ses réflexions d'anachorète en proie au doute, pour conserver, en toutes circonstances, des apparences décentes.

Naoki en profita pour relancer ses questions, alors mêmes qu'ils avançaient peu à peu vers le dessert. Comme il en avait le don, le jeune homme lui posa une question qui sans le vouloir, s'avérait un peu gênante. On cherchait toujours chez autrui ce qui pouvait nous manquer, et avouer ce que l'on cherchait, c'était, par reflets, dévoiler là où le bas blessait.

Qu'importe, Yukio répondit sincèrement. Il se sentait suffisamment en confiance, et à vrai dire, il ne prenait pas un risque incommensurable à se découvrir lors d'une soirée promise à l'unicité. Il prit un timbre pensif, et laissa calmement tomber ses mots:


- Pour un peu, je vous en voudrais presque, votre question me force à me révéler. Peut-être un peu trop, mais je vais essayer d’y répondre... C’est peut-être un peu étrange, mais je crois que ce que je valorise vraiment, chez les gens que je rencontre, c’est la capacité à ignorer le cynisme ambiant auquel porte la condition humaine. C’est sûrement pour cela que je suis incapable de résister au moindre sourire sincère. J’ai perdu ma capacité à m’émerveiller du monde un peu trop tôt, je le crains, et à présent, le moindre sourire innocemment authentique a le don de me faire éprouver, sinon de l’attachement, à tout le moins de la sympathie.

Il soupira, et ajouta :

- Voyez, je ne suis pas bien sûr d’être quelqu’un de difficile. J’ai juste des attentes un peu curieuses, j’essaie de composer avec.

Il plongea ses yeux dans ceux de Naoki, pour continuer la partie :

- A mon tour ! Et je vais peut-être tricher un peu, mais je vais vous poser une question assez proche. J’aimerais savoir ce qui est susceptible de vous faire succomber. Je voudrais savoir ce qui, au cours d’une soirée, provoquerait à coup sûr, chez Naoki Harada, ce jeune homme séduisant dont le visage enjôleur sait attirer tous les regards, des battements de cœur incontrôlés ?






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Sam 9 Mar 2024 - 4:25
Yukio est donc quelqu’un de solitaire selon ses dires. Mmmm… J’aurais tendance à dire que nous n’avons pas besoin d’être très proche d’une personne pour lui démontrer un certaine loyauté. On m’a souvent interpellé sous le trait de naïf, mais je considère que c’est plus gratifiant de veiller au bonheur des autre. Qu’on veuille abuser de ma loyauté, je m’en fiche un peu parce qu’au final, cette loyauté ne m’empêche pas de faire ce qu’il me plaît. J’écoute donc la réponse à ma question. Réponse qui me plait bien. C’est qu’un grand sourire sincère, c’est agréable et séduisant. L’écouter s’expliquer rend mon repas encore plus savoureux. Décidément, une belle découverte ces pâtes qui se marient bien avec les effluves du vin. Je ne regrette aucunement de m’être laissé conseiller par mon hôte. Je dénote cependant une récidive à la solitude dans les propos de Yukio qui, semble se laisser bercer par le cynisme un peu trop à son goût. Je crois que je commence à comprendre pourquoi sa soeur l’a inscrit sur le site. Un peux de compagnie pour éradiquer la solitude et le cynisme fait toujours un bien fou, peu importe sa fugacité.

Tandis que je me régale d’une autre bouchée, j’écoute la nouvelle question qui m’est adressée. Une question, je le concède, fort semblable à la mienne, mais j’en dénote tout de même la subtile différence. Malin. Cependant, l’intention de protester sur la similitude est grande, non par mauvais esprit joueur, mais parce que la question me prend de cours. Je n’ai aucune idée de quoi répondre. Heureusement, je suis bon jouer et j’accepte d’affronter la question. Une réflexion s’impose et j’en averti mon complice.

-Mmm.. Excellente question.. Je l’avoue, je me sens désarmé… Comment dire… J’ai plutôt tendance à me laisser flotter sur l’instinct. Le « feeling » du moment. Je n’ai jamais pris soin d’analyser ce qui me plait chez les autres… Qu’est-ce qui différencie la personne qui me conquiert en l’espace d’une nuit, ce qui arrive assez rarement, mine de rien, et la personne que je vois à plusieurs reprise mais dont la relation n’aboutie à rien… Je consent toutefois à y réfléchir, si vous me permettez.

Mon doux sourire tentant de le rassurer que je vais trouver une réponse, je prends une bouchée et ma main fait machinalement tournoyer le liquide dans le vers sans que j’y porte une réelle attention. Mon regard détaille l’homme en face de moi. Si beaucoup de personnes on peur qu’un silence apporte la gêne, j’assume complètement celui que je viens d’instaurer. Il en faut parfois, des moment de silence pour prendre le temps de bien répondre plutôt que de tenter de sortir la première bêtise qui nous passe par la tête et dieu sait à quel point je peux être doué en bêtises quand je tente de fuir le silence. Je réfléchis donc. Je parcours les souvenirs afin d’y analyser les détails qui m’on marqué. Évidemment, ma plus récente rencontre avant ce soir me revient à l’esprit. Je me revois, contre Gareth à me noyer dans l’océan de son…

C’est ça! Je trouve la réponse, mes yeux n’ayant pas quittés ceux de Yukio. Mon sourire s'agrandit et je rompt le silence.

-Je croit que j’ai une idée de ce qui est irrésistible…

Je prends une gorgée de vin, laissant planer un peu de suspense.

-Ne dit-on pas que le regard est le reflet de l’âme? Ou quelque chose du genre? Je crois que… Ma faiblesse se trouve dans le regard des autres. Tous les yeux sont évidemment magnifiques, mais la connexion se fait lorsque je peux y lire la sincérité des émotions, instaurant ainsi un sentiment de confiance dans lequel je n’hésite pas à me blottir. Quelqu’un qui accepte d’ouvrir ainsi son âme à l’autre… Les émotions que j’y lis… J’ai envie d’y répondre…

Je me confie avec sincérité, mais je termine sur un petit rire teinté d’une pointe d’amertume.

-C’est un peu ironique, venant de celui qui a pour habitude de cacher son âme derrière l’éclat des couleurs…

Je pointe alors mes yeux bleus pour appuyer mes propos. Je sais que si on y porte une attention particulière, il est assez évident que ce sont des verres de contact. Cacher… Est-ce réellement le cas? Moi qui trouve la couleur naturelle de mes yeux si.. Fade. Peut-être que c’est aussi un moyen d’exprimé l’éclatante folie de mon âme… Je constate que nos assiettes sont presque vides et… J’ai envie de retourner à plus simple, plus anodin.

-Dites-moi… Quel dessert est votre péché mignon?
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Lun 18 Mar 2024 - 22:49




Prenons le thé ensemble !
Vendredi 09 février 2018


Musique d'ambiance

[Flashback] Prenons le thé ensembles Image_37


Les yeux, une réponse aussi classique que splendide, et sûrement classique parce que splendide. Les convergences de considérations trouvent logiquement leur source dans l'immanence des vérités intemporelles, et s'il en est une, de vérité intemporelle, c'est bien celle-ci. On ne parle bien qu'avec les yeux. Les mots, aussi précis et justes soient-ils, ne sont que de rigides couvertures posées sur l'infini nuancier des émotions humaines. Arbitraires et nécessairement limités, les mots se trouvent condamnés, en leur essence, à traduire imparfaitement le spectre de la pensée. Les mots sont partiels. Le regard est entier, on y lit bien plus sûrement, à ses risques et périls.

Yukio avait toujours trouvé complexe la tâche de regarder les gens dans les yeux. Il se forçait, pour ne pas passer pour quelqu'un d'étrange, mais en vérité, il ne le faisait le plus souvent qu'en gardant le point de focalisation dans le flou, pour éviter de réellement croiser le regard d'autrui. Il avait toujours été comme ça, avant même de parler, les pupilles fuyantes, au point qu'il en était venu à se demander s'il souffrait d'un manque d'empathie. Avec le temps, il avait compris que le problème était en fait assez inverse. Plonger dans les yeux d'autrui le gênait profondément: cela lui donnait l'impression de mettre les gens à nu, de les contempler dans leur plus simple appareil, et il ne trouvait pas ça convenable. Réciproquement, il avait le sentiment d'être dévêtu, lorsque cela se produisait, et il n'aimait pas ça. Être ainsi déshabillé de l'esprit lui faisait peur. Dans le dévoilement de sa conscience, il se sentait vulnérable, et en dépit de son apparente indifférence, il appréhendait l'étalage de ses vulnérabilités.

Qu'importe, Naoki avait raison. Les yeux, c'était une bonne réponse, ou, en tout cas, une réponse qu'il appréciait, qu'il respectait, et qu'il pouvait comprendre.

Rattrapé par sa personnalité anankastique, le professeur d'histoire ne put s'empêcher d'ajouter à la suite de la réponse de son compagnon de soirée:


- Les yeux sont le miroir de l'âme, c'est ce qu'on dit. Enfin, pour être tout à fait exact, c'est à moitié apocryphe. A l'origine, Cicéron, dans son traité d'art oratoire, explique qu'il faut laisser transparaitre son âme à travers son visage lorsque l'on s'exprime, et que si le visage constitue le reflet de l'âme, les yeux en sont les interprètes. Il y a dans la citation originelle une portée plus prescriptive que descriptive, en vérité, mais c'est bel et bien parce que le constat, il y a 2000 ans, paraissait déjà aller de soi.

Il s'interrompit, se mordant légèrement la langue, immédiatement assailli par le sentiment de culpabilité post-partum qui suivait, inévitablement, les accouchements de ses élans pédantesques. Il présenta ses excuses sans attendre:

- Désolé, je dois encore apprendre à me taire, parfois. J'ai tendance à dégobiller le contenu des livres que j'ai lu devant les gens. C'est un peu inconvenant. J'espère que ça me passera, un jour.

Il fit une longue pause, semblant prendre le temps de se gratifier de quelques invisibles coups de fouet métaphoriques, puis il releva la tête, et reprit avec une franchise toute affectueuse:

- Moi, je les aime bien, vos lentilles. Elles sont jolies. Et puis, la couleur, c'est pas plus mal. Le monde manque de couleurs, c'est bien de lui en redonner, je trouve. Vos yeux, ils vont bien avec votre sourire. Les miens sont peut-être un peu ternes, à côté. Je vous les offre quand même à la contemplation, vous en ferez bien ce que vous voulez.

Yukio laissa sa phrase résonner tandis qu'il laissait, de manière assez exceptionnelle, Naoki observer ses yeux dans le détail, juste l'espace de quelques secondes, de manière presque fugace. Il plongea ensuite sur la carte des desserts, comme pour accompagner la dernière question de son complice culinaire. Avec une voix plus détachée, il commenta:

- Aucune surprise, je suis très prévisible. J'aime les tartes au citron. Ce n'est pas vraiment original, et c'est même sans doute un peu décevant, mais c'est comme ça. Pour tout vous dire, je n'en ai même pas honte. Je sais être un homme conventionnel lorsqu'il le faut.

Sans relever la tête et avec une innocence feinte, il posa sa question:

- Dites-moi, Monsieur Harada, puisque l'on en est à se confier l'un à l'autre, et puisque j'en suis à vous partager indécemment le contenu de ma bibliothèque, quel est le livre que l'on trouve sur votre table de nuit ? Celui que vous relisez, encore et encore, sans pouvoir épuiser les réflexions qu'il vous donne ?






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